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Afrique–Golfe : transformer les complémentarités en trajectoires de développement


À l’occasion du Doha Forum et du lancement de l’Africa–Gulf Cooperation Dialogue (AGCD) porté par Choiseul, plus de 450 décideurs africains, du Golfe et de la diaspora internationale se sont réunis à Doha autour d’une même conviction :l’Afrique et le Golfe entrent dans une nouvelle phase de coopération stratégique, fondée sur des complémentarités réelles mais encore insuffisamment structurées.

Au-delà des discours, ces échanges ont permis de clarifier les leviers concrets de transformation, les freins persistants et les conditions nécessaires pour passer d’une convergence d’intérêts à des partenariats durables et productifs.


1. Afrique : un marché de consommation, mais surtout un marché de production

L’un des constats les plus partagés à Doha est le suivant :l’Afrique ne peut plus être pensée uniquement comme un marché de consommateurs, mais comme un marché de producteurs, capable de capter davantage de valeur ajoutée.

Les fondamentaux sont connus :

  • une croissance démographique rapide, portée par une population majoritairement jeune ;

  • un potentiel agricole considérable, avec près de 60 % des terres arables non exploitées au niveau mondial ;

  • des ressources stratégiques (minerais critiques, énergie solaire, biodiversité) essentielles à la transition énergétique mondiale.

Pourtant, la transformation de ce potentiel en croissance durable reste freinée par un facteur clé : l’insuffisance des infrastructures.


2. Pas d’industrialisation sans infrastructures

Un message est revenu avec constance dans les discussions :il n’y a pas de développement industriel sans infrastructures.

Routes, ports, énergie, logistique : sans ces socles, les coûts de production explosent, les chaînes de valeur se fragmentent et l’investissement productif devient difficilement soutenable.Dans certaines régions africaines, le coût logistique peut représenter jusqu’à deux à trois fois celui observé dans d’autres zones du monde, réduisant mécaniquement la compétitivité des projets.

Les exemples de trajectoires réussies — notamment au Maroc, avec une stratégie d’investissement cohérente sur plus de vingt ans — montrent qu’une vision de long terme, associée à une exécution rigoureuse, peut profondément transformer un tissu économique.


3. Transformer les contraintes en opportunités investissables

Les défis africains sont bien identifiés :

  • déficit de compétences et d’éducation adaptée aux besoins industriels ;

  • volatilité macroéconomique et politique ;

  • accès limité aux financements de long terme.

La question n’est donc plus de les diagnostiquer, mais de les transformer en opportunités investissables, à travers :

  • des cadres de gouvernance clairs ;

  • des mécanismes de financement patient ;

  • une structuration rigoureuse des projets, intégrant gestion du risque et trajectoires de montée en puissance réalistes.

C’est précisément à ce niveau que la coopération avec le Golfe prend tout son sens : capacité de financement, expertise infrastructurelle, vision de long terme et appétence pour des partenariats stratégiques.


4. Mayotte : un point d’ancrage stratégique dans l’océan Indien

Dans cette géographie Afrique–Golfe élargie, Mayotte occupe une position singulière.Territoire français et européen situé au cœur de l’océan Indien, Mayotte peut jouer un rôle de point d’ancrage crédible pour des coopérations régionales concrètes.

Son potentiel réside dans sa capacité à :

  • articuler standards européens et réalités africaines ;

  • servir de plateforme pour des projets régionaux dans les domaines de l’énergie, de l’agriculture, de la formation et des infrastructures ;

  • contribuer à structurer des filières à l’échelle de l’océan Indien, en lien avec l’Afrique de l’Est et les pays du Golfe.

Encore faut-il inscrire cette ambition dans une stratégie claire, alignée avec les dynamiques internationales et fondée sur des projets structurants.



5. Conclusion : de la vision à l’exécution

Ce que les échanges de Doha ont mis en évidence, au-delà des discours, est une réalité simple :ce sont la confiance, la continuité stratégique et l’exécution qui transforment une ambition collective en résultats mesurables.

L’Afrique dispose des fondamentaux pour devenir un pôle majeur de production, d’innovation et de croissance.Le Golfe dispose des leviers financiers et stratégiques pour accompagner cette transformation.Des territoires comme Mayotte peuvent jouer un rôle clé d’interface, à condition de structurer dès aujourd’hui leurs leviers de développement.

Chez Baobab Partners Global Advisory, nous sommes convaincus que la réussite de ces trajectoires repose sur une approche rigoureuse, stratégique et ancrée dans les réalités des territoires.


 
 
 

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